Moi, populiste ?… Si vous le dites.

Souvent en politique lorsqu’on affronte les partis au pouvoir ou lorsqu’on critique le système, il ne faut pas longtemps pour se faire traiter de populiste.

Une fois le mot lâché, c’est tout votre discours qui s’en trouve décrédibilisé. Ca claque comme une injure, ça vous envoie dans les cordes comme le plus cinglant des uppercuts.

Le populiste serait le simple d’esprit, l’idiot de la classe politique. Celui qui parle mais qu’on ne doit pas écouter. Celui dont on peut balayer les propos simplistes du revers de la main sans aucune autre forme d’argumentation.

Mais c’est quoi en fait le populisme ?

Déjà, en jetant un œil au dictionnaire, je trouve ceci : « le populisme est une idéologie politique visant à libérer le peuple sans recourir à la lutte des classes » ou encore : « c’est un type de discours politique qui fait appel aux intérêts du peuple en opposant ses intérêts à ceux de l’élite politique ».

Et voilà, on est loin de l’argument qui veut faire passer le populiste pour un ahuri démagogue qui chercherait à tout prix à plaire pour obtenir ou conserver le pouvoir. Mais on comprends mieux pourquoi, galvaudé par les médias ou dans la bouche de nos élus, ça sonne comme une insulte.

Alors soyons clairs, si c’est être populiste que de souhaiter que les politiciens coupables de malversations ou de détournements soient poursuivis et condamnés, que les profiteurs, les carriéristes et les corrompus soient écartés définitivement ; que d’exiger que la fonction politique soit exemplaire, qu’elle suive un code d’éthique et de déontologie strict et exigeant et qu’elle soit parfaitement transparente ; que de considérer qu’un élu ne doit pas faire partie d’une élite intouchable et despotique, que leur fonction ne doit pas être source d’enrichissement personnel mais au contraire de don de soi et d’altruisme, alors oui je suis populiste.

Si c’est être populiste que de penser qu’il est anormal et injuste que notre système permette aux grandes multinationales de ne pas payer d’impôts via des mécanismes légaux d’optimisation fiscale ; que de croire que ce n’est pas en mettant la population et l’économie sous perfusion qu’on sortira de la crise, mais plutôt en encourageant le dynamisme, l’esprit d’entreprise, les initiatives locales et les projets novateurs, alors oui je suis populiste.

Si c’est être populiste que de réclamer que les institutions soient rationalisées et les administrations dépolitisées pour leur rendre leur efficacité et les remettre totalement au service de la population ; que de considérer que notre système politique pour survivre et ne pas succomber aux extrêmes de tous bords doit évoluer et laisser plus de place pour permettre au citoyen de s’impliquer pleinement dans la gestion des institutions, alors oui je suis populiste.

Je suis populiste et j’en suis fier car je refuse de regarder sans rien faire mon pays sombrer, rendu ingouvernable par une classe politique partisane et opportuniste qui ne laisse aucune place aux énormes défis économiques, écologiques et humains qu’il nous reste à relever dans l’avenir.

Si c’est ça alors oui, je suis populiste, mais pas démagogue, et je ne suis certainement pas le seul…

 

Stéphane Michiels

 

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