La voie vers une démocratie active

par Stéphane Michiels, initiateur de Belvox.org


Quand on parle de ce que certains appellent le « désenchantement démocratique », j’observe souvent deux réactions fort tranchées :

Soit on se résigne et on se désintéresse parce qu’on y comprend plus rien ou parce que “rien ne changera jamais” et que “ça ne va pas si mal que ça en fin de compte”,
soit on s’indigne, on se révolte et on met tous les politiques dans le même panier parce que de toute façon c’est clair, ils sont “tous pourris”.

 

Le problème c’est que tout cela ne mène pas à grand chose si ce n’est à faire le jeu du système en place parce que chacun le sait, il faut diviser pour mieux régner.

Personnellement je pense qu’il existe une 3eme voie qui peut mener à un renouveau démocratique. Une voie qui passe par l’éthique, la transparence, l’éducation et la participation.

Sans doute serai-je taxé de populiste ou de poujadiste par certains responsables politiques attachés mordicus à l’ancien système et aux prérogatives qu’il leur accorde.
Ils me trouveront illégitime, incompétent voire même dangereux pour la démocratie.
A vous de juger.

Parce que selon moi ce n’est ni populiste ni poujadiste d’exiger avant tout que nos représentants soient irréprochables et que leur comportement soit régi par un code d’éthique et de déontologie strict et contraignant assorti de sanctions exemplaires. C’est la crédibilité de tout le système qui est ici en jeu et c’est un préalable indispensable.

Ce n’est pas non plus irréaliste de prétendre que nos institutions doivent être transparentes pour que les citoyens puissent suivre et contrôler les différentes étapes des processus législatifs et obtenir réponse à toutes les questions qu’ils se posent.

Ce n’est également ni impossible, ni insurmontable d’envisager que nos écoles prennent en charge l’apprentissage d’une citoyenneté active et responsable, capable d’appréhender les mécanismes démocratiques, de comprendre le fonctionnement des institutions et d’éveiller l’intérêt pour les affaires publiques.

Et parce que la formation va de pair avec l’information, il n’est certainement pas superflu de croire qu’il faut repenser les moyens d’accès à la presse et qu’il faudra la sortir de son modèle économique moribond qui ne survit que grâce aux subsides publics et au potentiel de viralité de l’information diffusée, privilégiant par nécessité le superficiel, le croustillant et l’immédiat.

Et enfin, ou devrais-je dire et surtout, ce n’est non plus ni absurde, ni ridicule d’espérer qu’un jour le monde politique s’ouvre aux citoyens pour qu’ils puissent s’investir, s’impliquer, participer, prendre part aux responsabilités et pas seulement déposer sans conviction un bulletin de vote dans une urne tous les 5 ou 6 ans…
Des modèles plus ouverts et participatifs existent déjà à travers le monde et ont fait leurs preuves. A nous de nous en inspirer pour inventer une nouvelle forme de démocratie “à la belge”.

Car depuis trop longtemps nous avons abandonné nos prérogatives de citoyens à nos politiques, exigeant d’eux qu’ils répondent pour nous à toutes les questions.

Aujourd’hui nous ne pouvons plus rester passifs à attendre des jours meilleurs. Croire que le système actuel va perdurer et se restaurer de lui-même est absurde et espérer l’avénement d’un leader providentiel qui nous sortirait par magie du marasme n’est qu’une chimère qui au pire peut nous conduire à l’autoritarisme.

Alors il faut s’impliquer, chacun à sa manière, toutes les idées sont bonnes. En interpellant candidats et élus, en soutenant ceux qui portent ces idées nouvelles, en se présentant soit même, peu importe la liste, en partageant les initiatives citoyennes locales qui naissent un peu partout, bref en étant de véritables acteurs de notre vie politique.

Moi j’y crois. Peut être naïvement, mais j’y crois parce que les idées et les outils existent pour transformer notre démocratie représentative poussiéreuse en une démocratie active, connectée, dynamique qui sera capable de retisser le lien de confiance entre les citoyens et le monde politique et trouver les réponses aux véritables défis de demain.

 

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